J’ai eu l’idée de faire ma chronique sur le sujet de la drogue du viol parce que pendant ma première année au BACC, on a eu un cours où il fallait faire des oraux sur un sujet sexologique. Une fille l’a fait sur la drogue du viol et a commencé son oral en demandant à chaque personne qui connaissait une victime de cette drogue de lever la main. Le ¾ de la classe a levé la main. Ça m’a surpris, c’est là que j’ai réalisé que ça pouvait arriver à plus de monde que je pensais.
Les deux drogues les plus connues pour ses effets amnésiques, c’est le GHB et le Rohyptol. Dépendamment de la quantité qui va être absorbée, l’effet va être ressenti par la victime après 15 à 20 minutes. Le problème avec ces drogues là, c’est que on ne peut pas les détecter dans notre verre parce c’est inodore, incolore et ça ne laisse pas de résidus dans le fond du verre. C’est pour ça que c’est difficile de savoir si on a par exemple du GHB dans son verre quand on le quitte des yeux quelques secondes.
C’est un effet qui est sédatif, les médecins disent c’est 10 fois plus puissant que les valium. Les effets peuvent varier d’une personne à l’autre, mais généralement il va y avoir des étourdissements, bouffés de chaleur, nausée, évanouissement et surtout une perte de mémoire va souvent remonter au moment où la drogue va avoir été consommée. Dans les cas les plus graves, il y a des chutes de pression et le coma. L’effet du GHB peut durer jusqu’à 8 heures. On l’appelle souvent l’effet « black out ». Ça empêche de résister à une activité sexuelle qui n’est pas voulue, c’est pour ça qu’on l’appelle la drogue du viol.
Le traumatisme est le même que chez une personne qui est consciente lors du viol, on retrouve souvent les mêmes symptômes; comme la colère, la peur, l’incompréhension, le manque d’estime de soi. La victime ne sait pas si l’agresseur a utilisé un condom, si il y avait plusieurs agresseurs. Il y a la peur d’être enceinte ou d’avoir contracté une ITSS, le VIH… Il y a aussi la culpabilité parce que la victime a la fausse impression d’avoir accepté la relation sexuelle. La personne ne comprend pas non plus ce qui s’est passé ou pourquoi elle a agit comme ça car c’est inhabituel à son comportement par exemple. La victime se responsabilise beaucoup, c’est vraiment complexe.
Petite parenthèse, je parle des victimes au féminin parce plusieurs statistiques, entre autres Statistique Canada et masexualité.ca disent que 92% des victimes sont des filles. Le groupe d’âge le plus touché est celui 16-24 ans.
Dans les études, on dit que dans le ¾ des agressions sexuelles dû à la drogue du viol, les agresseurs sont connus de la victime. Donc, ça peut être un ex-chum, amis, collègues de travail, voisins etc. C’est pour ça aussi que c’est une situation assez délicate, parce qu’en général on fait confiance aux gens qu’on connait et c’est dur d’imaginer que ces personnes-là nous ferait du mal…
Qu’est-ce qu’il y a de particulier aussi avec ce phénomène là, c’est qu’il y a une certaine banalisation de la drogue du viol chez les agresseurs. En fait, plusieurs pensent que l’amnésie pendant l’acte sexuelle n’amène pas de conséquence pour la victime. Plusieurs agresseurs pensent aussi que ce n’est pas un viol parce qu’il y a peu ou pas de résistance physique. C’est pour ça que c’est important de faire prendre conscience que l’agression qui est faite avec la drogue du viol, c’est aussi grave qu’une agression sexuelle par la force physique par exemple. Si la personne ne donne pas son consentement ou n’est pas en état d’accepter la relation sexuelle, c’est une agression sexuelle. En plus, les victimes en subissent aussi les mêmes conséquences.
Pour terminer, l’essentiel de ma chronique c’est de réaliser que la drogue du viol est assez fréquente et que ça peut vraiment arriver à tout le monde. L’important c’est de faire attention; surtout dans les fête ou dans les bars. Bon, la ligne est mince entre faire attention et devenir paranoïaque… On peut avoir des trucs comme sortir avec des amis et rentrer avec eux, surveiller son verre et ne pas accepter les verres de ceux qu’on connait moins. Le plus important à mon avis, c’est de se fier à notre intuition, si on ne se sent pas bien par rapport à une situation ou quelqu’un, c’est mieux de s’en aller.
Dans l’éventualité où, malheureusement, on est victime de la drogue du viol, il est conseillé de contacter info-santé le plus tôt possible pour avoir les renseignements des tests de prévention à passer. C’est important de chercher du support aussi dans notre entourage pour aider à traverser cette épreuve là. On peut aussi aller chercher de l’aide psychologique si on en ressent le besoin.
Je vous laisse avec un organisme qui aide les victimes d’agression sexuelle en référence. Le CALACS, acronyme pour centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel du Québec. Il y en a plusieurs au Québec, on peut trouver leurs coordonnées sur internet.